Les choses se compliquent manifestement chaque jour un peu plus. L'Union Européenne ne séduit plus vraiment même ceux dont les élites militent en sa faveur.
Elle souffre tout d'abord de son incapacité chronique a se gouverner. C'est un désastre. On avance dans tous les domaines a reculons ! Elle souffre du refus des Etats membres a jouer le vrai jeu de ce qui ne peut être qu'une fédération. Mais encore faut-il l'accepter devant ses électeurs.
Elle subit aussi les lourdes conséquences de son manque d'imagination depuis sa création. Il fallait en effet, dès le départ, instaurer des niveaux d'adhésion a même de satisfaire les susceptibilités mais aussi de préserver les acquis en obtenant un meilleur respect de leur lettre et de leur esprit.
C'est ainsi que tant que des oppositions subsistent on aurait pu admettre la Turquie au niveau 1 puis attendre pour les niveaux 2 puis 3 ! Il n'y aurait pas eu de problème d'amour propre ni besoin de déclarations intempestives et destructrices.
Aujourd'hui, les candidats les plus immédiats sont balkaniques a commencer par la Croatie. Mais la crise grecque est passée par là ainsi que le séisme qui frappe l'Euro. On respecte plus difficilement le pouvoir de Bruxelles, on se laisse aller a ce qui pourrait très bien passer pour du révisionnisme, la population est de plus en plus déconcertée et hésite. Les élections générales de Croatie seront sur ce point un baromètre significatif.
Le Kosovo va tourner au gâchis le plus total. Eulex ne peut plus rien faire face aux clans – terme diplomatique – qui tiennent le pays.
La Macédoine n'en peut plus de cette querelle anachronique sur son nom. L'Europe est silencieuse sur cette question autant qu'elle est impuissante sur la question de Chypre – voir mes entretiens avec Turgut Ozal –
L'exemple de la Roumanie et de la Bulgarie, admises mais bunkérisees est tout de même la démonstration de l'échec d'une candidature et de la gestion d'une admission.
Ces pays, notamment la Roumanie, sont sortis de dictatures très dures pour plonger dans des systèmes démocratiques encore mouvants et, par exemple, les injonctions quasi-militaires faites par l'Union de liquider sans délai la corruption dans un cadre judiciaire qui demeure incertain sont souvent devenues les armes du nouveau combat politique permettant l'élimination des plus compétents pour diriger le pays !
Est-on bien sûr que la période pré-adhesion est vraiment conçue et adaptée à chaque pays en considération de ses spécificités ?
Ne prend-t-on pas un risque analogue à celui qui était, à un moment, d'exporter avec force nos standards démocratiques en Afrique et dans le monde Arabe ? L'outrecuidance, il faut le dire, a ruiné Barcelone !
Le problème de l'Europe vient sans doute de son action très "fiscale" et bureaucratique qui ne fait pas souvent la part de l'expérience et de la sagesse nées de la vraie légitimité.
Et cela apparaît de plus en plus insupportable car l'Union perd de sa crédibilité…
Message sent by Jean-Paul Carteron

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