Arpad Göncz
Président de la Hongrie
Arpad Göncz a été le premier président de la Hongrie démocratique et aussi le premier à venir au Forum de Crans Montana ! Il nous a quittés le mardi 6 octobre 2015, s'endormant dans sa belle ville, Budapest.
L'annonce de la mort de M. Göncz a suscité une grande émotion en Hongrie, tant il était perçu comme un homme humble, intègre et courtois dans un pays où les forts clivages politiques ont toujours exacerbé les passions.
Signe de cette affection, de nombreux habitants de la capitale se sont spontanément rendus devant le domicile familial de M. Göncz, sur les collines de Budapest, pour y déposer une bougie.
En Hongrie comme ailleurs, le chantier de la sortie du communisme était titanesque. " La complexité de la tâche qui nous attend est aussi grande que celle qui consiste à transformer une Trabant en Mercedes, alors qu'elle est lancée à pleine vitesse sur une autoroute ", résumait à l'époque le sociologue Elemer Hankiss, un des acteurs de la transition.
Arpad Göncz fut évidemment comparé à son homologue et ami tchèque, Vaclav Havel, tant leurs destins se ressemblaient. Il a, lui aussi, été prisonnier, dramaturge et dissident, sans atteindre la notoriété d'Havel. Son parcours est un miroir des cicatrices hongroises du XXe siècle ; résistant anti-nazi, il se heurte rapidement aux communistes après leur prise du pouvoir en 1947 et sera contraint d'interrompre ses études pour travailler en usine.
A 36 ans, il est condamné à la prison à perpétuité pour sa participation au soulèvement de 1956 contre l'occupation soviétique. Libéré lors de l'amnistie de 1963, Arpad Göncz n'est pas autorisé à quitter Budapest. Après avoir appris l'anglais en prison, il vivotera pendant des années en traduisant des auteurs aussi variés que J.R.R. Tolkien et William Faulkner.
Lorsque la dictature communiste s'effrite, il replonge, à 66 ans, dans le chaudron politique en participant à la création, en 1988, de l'Alliance des démocrates libres (SzDSz), formée par les dissidents historiques. Ils perdront les premières élections libres de 1990 au profit d'une autre formation de l'opposition, dirigée par l'historien Jozsef Antall.
Celui-ci propose alors Arpad Göncz au poste de président de la République. Les deux hommes, aux tempéraments éloignés, étaient cependant liés par le souvenir de leur fréquentation du Parti agrarien des petits propriétaires, le principal mouvement politique après 1945.
Malgré l'estime qu'il portait à Jozsef Antall, un chrétien-démocrate distingué, Arpad Göncz n'a pas hésité à s'opposer à lui. Lors de son deuxième mandat, il se montrera plus conciliant avec le gouvernement dominé par les anciens communistes, alliés à ses amis libéraux du SzDSz.
Le premier ministre Viktor Orban a salué la mémoire d'un homme qui " a joué un rôle majeur dans la transition de la dictature à la démocratie ".
Hommage inspiré du très bel article de M.Yves-Michel Riols dans Le Monde
President Goncz with Mr. Jacques Santerre, President of the European Commission
and Mr. Berthelot Head of the UN Economic Commission for Europe
President Goncz is presented with the Prix de la Fondation
by Mr. Flavio Cotti, President of the Swiss Confederation and Minister of Foreign Affairs
President Goncz opening a Crans Montana Forum’s session
with Mr. Peter Medgyessy, Prime Minister of Hungary
