Les conseillers fédéraux sont en fait les ministres, au nombre de sept, qui forment le gouvernement de la Confédération suisse. Le Chef de l'Etat est choisi parmi eux pour une année tournante.
Un conseiller fédéral a, somme toute, une vie totalement semblable à celle des autres citoyens. Les Suisses n’admettraient d’ailleurs pas la débauche de voitures officielles, de motards d’escorte, de gyrophares et autres symboles farfelus d’un pouvoir qui n’appartient qu’au peuple mais que de nombreux pays étrangers cultivent à loisir !
Il n’est pas rare de croiser des conseillers fédéraux dans la rue. J’ai même parcouru un jour une bonne partie de la ville de Berne en tramway, assis à côté du Président de la Confédération, Chef de l’Etat, qui se rendait à son bureau !
Je me suis trouvé un jour à la gare de Zermatt face à Jean-Pascal Delamuraz, également Président en exercice, qui portait ses deux valises aux côtés de son épouse. Ils venaient passer un week-end en amoureux au RiffelAlp !
Les ministres suisses jouissent de quelques avantages – notamment économiques – mais, à la différence de ce qui arrive dans beaucoup d’autres pays, ils payent la totalité de leurs impôts, de leur loyer et l’ensemble de leurs frais personnels tels que l'habillement ou encore le coiffeur ! Il n’y a pas de logement de fonction offert aux ministres. Ils doivent d’aussi s'acquitter de la redevance radio et télévision comme de toutes les autres taxes qui frappent n'importe quel citoyen.
Un conseiller fédéral gagne 445'000 francs par an (soit environ 40.000 Euros par mois) auxquels s’ajoute un forfait annuel modéré pour les divers frais de fonction.
Le conseiller fédéral est donc assez bien payé. En comparaison du secteur privé, en Suisse, c’est peu. Mais c’est aussi une garantie de dignité et d’indépendance.
Chaque conseiller fédéral jouit d’un certain nombre d’avantages, qui vont des abonnements téléphoniques à la mise à disposition d’une voiture de représentation avec chauffeur, d’une autre voiture à usage personnel ou encore de l’usage des avions et hélicoptères de la Confédération pour les voyages de fonction. A cela s’ajoute un abonnement général CFF en 1ère classe.
La durée moyenne de vie des véhicules mis à disposition des conseillers fédéraux est de dix ans. Suivant leur état, certaines de ces voitures peuvent cependant rester en service pendant quinze ans, avec parfois jusqu’à 400 000 km au compteur ! Il doit être ajouté que le parc d’automobiles de fonction de la Confédération, comprend une vingtaine de véhicules seulement.
Pour la conduite de sa voiture officielle, chaque conseiller fédéral dispose d’un chauffeur. Mais en cas de voyage privé à l’étranger, le conseiller fédéral doit prendre à sa charge les frais d’hébergement de son chauffeur.
Les ex-conseillers fédéraux touchent une retraite qui équivaut à la moitié du salaire des membres du Conseil fédéral en fonction.
Souvent, une fois à la retraite, les anciens conseillers fédéraux exercent de nouveau une activité lucrative. Leurs revenus, cumulés à leur rente d’ex-conseiller fédéral, ne doivent pas dépasser le salaire d’un conseiller fédéral en fonction, sans quoi leur retraite d’ex-conseiller fédéral est réduite en conséquence.
C’est là que se situe la sagesse et la modération du système. La retraite des conseillers fédéraux n’est qu’une garantie de revenus. Ce qui semble philosophiquement normal. Dès lors qu’ils travaillent et ont des revenus conséquents la retraite n’est plus payée ou seulement partiellement.
Un conseiller fédéral à la retraite ne bénéficie d’aucun véhicule gratuit, ni de secrétariat, ni de bureau. Cela est conforme à la rigueur qui prévaut en Suisse quant à la modestie requise des représentants du peuple et devrait être le cas dans les autres pays où le budget des retraités de la haute fonction gouvernementale atteint souvent des sommets.
La sécurité d’un conseiller fédéral qui quitte ses fonctions, pendant un an, est assurée de manière inchangée. Passé ce délai, c’est seulement si sa sécurité peut être considérée comme gravement menacée ou compromise, qu’il peut demander au Service fédéral de sécurité d’analyser la situation et de le conseiller sur les précautions à prendre.
