SM le Roi Mohammed VI avec le Président Kagame du Rwanda
« Le moment est arrivé » pour que le Maroc retrouve sa « place naturelle » au sein de l’Union africaine, écrit SM le Roi Mohammed VI dans le message adressé au 27e sommet de l’UA qui s’est tenu à Kigali (Rwanda) le 17 juillet 2016.
L’Afrique est aujourd’hui à un tournant majeur de son Histoire. Elle subit de plein fouet les conséquences dramatiques de la mondialisation, de l’insuffisance évidente de sa gouvernance et du terrorisme qui se répand à travers le monde et notamment chez elle.
L’Afrique a subi, de fait, les effets pervers et à long terme de sa colonisation. Le fonctionnement normal de ses Institutions s’est trouvé hypothéqué depuis des décennies par le jeu pervers des influences et le mépris implicite et destructeur qui en est résulté de la part de certains grands acteurs de la vie internationale.
Tout cela doit prendre fin.
L’Afrique dispose des ressources naturelles et humaines nécessaires pour devenir une puissance mondiale. Il est donc fondamental qu’elle dispose d’un instrument multilatéral puissant et respecté. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.
Lorsque le Maroc a décidé de quitter l’OUA le 12 novembre 1984, c’était une bonne décision. Il était clair que rien de positif ne pouvait plus sortir d’une Organisation internationale fonctionnant dans les conditions que certains avaient choisi de lui imposer et qui s’étaient, pour commencer, matérialisées par l’admission en tant que membre d’une entité qui n’avait aucune des caractéristiques de base pour devenir un « Etat membre » !
Tout au long des années qui suivirent, l’OUA devenue l’UA a souffert de ce péché originel. Elle est devenue un champ clôt, un lieu de discussions politiciennes sans fin sur des sujets sans intérêt pour l’Homme et la Femme Africains. Elle a montré qu’elle ne pourrait en aucun cas remplir le rôle dont l’Afrique avait tant besoin.
L’UA, au fil des années, a d’ailleurs perdu toute crédibilité parce qu’elle est devenue partiale, au service de politiciens qui ne la voulaient que pour l’utiliser afin de faire prévaloir leurs ambitions nationales. L’UA est devenue la balle d’une – bien triste – partie de ping-pong…
Entre temps, le Maroc poursuivait son chemin, tranquillement et paisiblement, donnant à tout le Continent l’exemple d’une gouvernance sérieuse, réaliste et efficace, conjuguant avec succès tradition et progrès tout en intégrant le processus mondial de globalisation.
Pouvait-on imaginer il y a seulement cinquante ans, qu’un pays africain profondément musulman puisse devenir le champion de la promotion de la Femme, le premier producteur d’énergie solaire ou le premier producteur d’automobiles en Afrique ?
Pouvait-on imaginer, à ce moment-là que ce même pays deviendrait le deuxième investisseur et la vraie référence en termes de développement pour tout son Continent ?
Que l’on est loin de ces empoignades stériles et contorsions d’une autre époque ! Pendant que certains passent leur temps à se déchirer et à tenter de nuire aux autres même en sacrifiant leurs propres intérêts, le Maroc avance et progresse d’une manière inégalée en Afrique.
C’est pour cela que de nombreux pays africains se sont tournés vers le Maroc pour lui demander de revenir vers l'Union Africaine. Le Maroc a en effet un rôle majeur à jouer dans cette Organisation qui peut devenir une belle Organisation, une référence pour tout le Continent et le monde.
Mais il est clair que l’UA doit maintenant aborder de manière sérieuse son fonctionnement interne et cesser d’accepter que certains jeux de rôle ne détruisent plus avant sa crédibilité et son indépendance.
De vrais débats, constructifs et structurants, ne peuvent s’ouvrir que si l’UA ne compte parmi ses membres délibérants et votants que des Etats souverains ! C’est une Lapalissade…mais jusqu’à ce jour elle ne parait pas évidente pour tous !
L’admission de cette « RASD », à l’époque, n’a pas été un acte de consolidation et de rayonnement en faveur de l’Organisation. Il est évident, tous les observateurs le reconnaissent, que c’était un acte délibéré, partisan et agressif vis à vis du Maroc commandité par des gens qui n’avaient aucun souci de l’intérêt général et, peut-être, un intérêt fort limité pour ceux qu’ils utilisaient tout en les soutenant !
Une Organisation d’Etats est une organisation d’Etats. Quel que soit le jugement que certains peuvent porter sur cette « RASD », il est clair qu’elle n’a rien à faire dans une telle assemblée d’Etats, faute de tout substrat minimum de souveraineté.
D’autre part, la « RASD » est de toute évidence l’arme du combat organisé contre la souveraineté du Maroc. On ne peut donc rien attendre d’une telle situation.
Il serait d’ailleurs intéressant d’interroger les responsables de la « RASD » : sont-ils bien sûrs, après tant d’années, qu’en les propulsant au sein de l’OUA, ceux qui les parrainaient avaient vraiment à coeur leurs vrais intérêts ?
De surcroît, dans la mesure où certains pensent que la question soulevée par la « RASD » doit être discutée et résolue, il est clair que l’Organisation se décrédibilise elle-même et perd toute légitimité et toute neutralité en admettant, a priori, parmi ses membres ceux qui n’existent juridiquement pas même s’ils ambitionnent de l’être !
Le problème est d’autant plus grave que ce "problème" pour quelques uns, source d’un enfumage permanent, n’en est pas un pour le Maroc !
Les territoires du Sud marocains relèvent de la souveraineté historique non contestable du Royaume et, beaucoup plus important, d’une adhésion populaire massive et sans appel.
Nous en sommes donc là depuis plus de trente ans.
Au moment où le Maroc annonce son souhait de rejoindre son banc à l’UA, 28 pays africains demandent la suspension de la « RASD ». Cela semble tout à fait logique. Ils veulent tout simplement que l’UA puisse devenir l’ONU de l’Afrique, crédible et respectée.
Ce soutien émane des Chefs d’Etat de pays qui couvrent la totalité des régions de l’Afrique y compris celles jusque-là connues pour leur hostilité à l’intégrité territoriale du Royaume, telle l’Afrique australe. C’est une attitude de sagesse et de réalisme.
Il est à noter l’évolution de la position de la Zambie, de la Libye ou encore du Ghana, membre historique et influent de l’UA qui soutenait la « RASD » et qui figure aujourd’hui parmi les signataires de cette motion exigeant la suspension de l’adhésion de cette entité.
Le réalisme semble donc devoir prévaloir désormais en Afrique.
Le Continent saura-t-il saisir cette chance ? L’Union Africaine saura-t-elle saisir cette opportunité de se grandir, de se consolider et surtout de bénéficier de l’expérience de sagesse et de l’espoir si nécessaire que le Maroc porte aujourd’hui, de toute évidence, pour tous les Africains ?
Le Forum de Crans Montana qui est depuis plus de trente années le témoin de ce qui se passe sur le Continent, le souhaite de tout coeur.
