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2026 NAISSANCE D'UN NOUVEL ORDRE MONDIAL

9 October 2026 · Crans Montana Forum

Une contribution de l’Amb. Jean-Paul Carteron

Président Fondateur du Forum de Crans Montana

Apport documentaire de AI

LES ÉTATS-UNIS ET LE JEU DU BOOMERANG

L’EMERGENCE D’UN ORDRE MONDIAL POST-AMERICAIN

La confrontation avec l’Iran agit comme un révélateur des transformations profondes de l’ordre international. Les États-Unis conservent une puissance militaire, financière, technologique et diplomatique exceptionnelle, mais ils ne disposent plus de la capacité incontestée d’imposer seuls leurs choix au reste du monde.

L’efficacité d’un leadership à renouveler d’urgence dépendra moins de leur aptitude à sanctionner que de leur capacité à convaincre, à consulter leurs partenaires et à respecter les règles qu’ils entendent faire appliquer aux autres.

Le véritable enjeu n’est donc pas la disparition de l’Amérique, mais la redéfinition de son rôle. Les États-Unis peuvent demeurer une puissance essentielle dans un monde multipolaire, à condition de comprendre que le leadership contemporain ne se décrète plus et ne s’impose pas durablement par l’intimidation. Il doit se construire par la confiance, la cohérence et la coopération.

Pour le reste du monde, cette mutation constitue à la fois une occasion et une mise en garde.

Elle offre la possibilité de bâtir des relations internationales plus équilibrées, mais impose également de défendre avec davantage de détermination l’État de droit, la coopération multilatérale et la souveraineté des nations.

L’ordre post-américain ne sera véritablement plus stable et plus juste que s’il ne reproduit pas, sous d’autres formes, les dérives qu’il prétend dépasser.

LA CRISE IRANIENNE

REVELATEUR D’UNE MUTATION SYSTEMIQUE

La volonté des États-Unis de renforcer l’isolement économique de l’Iran marque une nouvelle étape dans l’usage de la puissance financière comme instrument de politique étrangère. Présentée par le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, comme une forme de « D-Day économique », cette stratégie consiste à menacer de sanctions secondaires les États qui continueraient d’entretenir des relations commerciales avec Téhéran.

Derrière cette démonstration de fermeté apparaît cependant une réalité plus profonde : la capacité des États-Unis à entraîner leurs alliés, à imposer leurs priorités et à organiser durablement l’ordre international semble s’éroder.

La crise iranienne ne constitue donc pas seulement un affrontement régional ou énergétique. Elle révèle une transformation systémique des rapports de puissance et l’accélération du passage vers un monde plus fragmenté, multipolaire et moins dépendant du leadership américain.

UNE COALITION INTERNATIONALE INTROUVABLE

Le refus de nombreux partenaires traditionnels de Washington de participer pleinement à la stratégie américaine ne saurait être interprété comme une simple divergence tactique. Il traduit une crise de confiance générale.

Les alliés des États-Unis n’ont pas été associés à la définition des objectifs de l’intervention contre l’Iran.

Ils sont désormais invités à en assumer une partie des coûts économiques, diplomatiques et sécuritaires, alors même que l’issue politique du conflit demeure incertaine. L’absence apparente de stratégie de sortie, comme celle d’un projet crédible pour l’après-crise, nourrit naturellement leur prudence.

Cette réticence est renforcée par les tensions accumulées entre Washington et plusieurs de ses partenaires. Les menaces commerciales, les droits de douane punitifs, les remises en question d’engagements internationaux et certaines déclarations portant atteinte à la souveraineté de pays alliés ont détruit le capital de confiance dont bénéficiaient historiquement les États-Unis.

Une grande puissance ne dirige pas uniquement parce qu’elle dispose de moyens militaires ou financiers supérieurs. Elle dirige également parce que ses partenaires considèrent son action comme prévisible, légitime et compatible avec leurs propres intérêts.

Lorsque cette confiance disparaît, l’alliance cesse progressivement d’être une communauté politique pour devenir une relation transactionnelle.

LA CREDIBILITE

FONDEMENT DE TOUTE PUISSANCE D’ENTRAINEMENT

Deux principaux moyens permettent à un État d’amener d’autres acteurs à soutenir sa politique : la persuasion et la coercition. Or, dans la situation actuelle, les États-Unis rencontrent des difficultés croissantes dans l’usage de l’une comme de l’autre.

La persuasion suppose avant tout la crédibilité. Pour suivre Washington, les autres gouvernements doivent être convaincus que les objectifs annoncés sont réalisables, que les moyens mobilisés sont adaptés et que les engagements pris seront respectés dans la durée.

Or, les déclarations tonitruantes et successives de l’administration américaine sur l’état des capacités nucléaires et militaires iraniennes ont été contredites par la prolongation du conflit. L’écart entre les victoires proclamées et les résultats observables décrédibilise la parole stratégique des États-Unis. Une opération annoncée comme rapide, décisive et limitée devient nécessairement plus difficile à justifier lorsqu’elle s’installe dans la durée.

La crédibilité américaine souffre également d’une remise en cause récurrente des accords conclus par les administrations précédentes. Pour les partenaires comme pour les adversaires de Washington, une question fondamentale se pose désormais : quelle valeur accorder à un engagement américain lorsqu’il peut être dénoncé ou profondément modifié à la faveur d’une alternance politique puis de l’humeur du moment ?

Cette incertitude réduit la capacité des États-Unis à former des coalitions. Elle encourage les autres puissances à rechercher des garanties complémentaires, à diversifier leurs partenariats et à construire des mécanismes moins exposés aux revirements de Washington.

LES LIMITES DE LA COERCITION ECONOMIQUE

Lorsque la persuasion ne fonctionne plus, la coercition devient l’instrument privilégié.

Les sanctions, la mise à l’index, les restrictions commerciales et douanières, l’exclusion du système financier international et les mesures extraterritoriales constituent depuis plusieurs décennies des éléments centraux de la diplomatie américaine.

Cette stratégie demeure puissante.

Le rôle international du dollar, la profondeur des marchés financiers américains et la place des banques des États-Unis dans les transactions mondiales continuent de conférer à Washington une influence considérable. Il serait donc prématuré de conclure à la disparition de la puissance économique américaine.

Toutefois, cette puissance n’est plus absolue.

Son utilisation excessive produit des mécanismes de contournement et incite les autres États à réduire leur vulnérabilité en réorientant leurs dispositifs économiques et financiers. Les politiques de diversification monétaire, la multiplication des accords commerciaux en devises nationales, le développement de systèmes de paiement alternatifs et la constitution de nouvelles chaînes d’approvisionnement participent de ce mouvement.

D’ailleurs, en général, les sanctions produisent presque toujours un tel résultat paradoxal.

À court terme, elles pénalisent les acteurs visés ; à plus long terme, elles les encouragent à bâtir les instruments nécessaires pour échapper à la juridiction économique américaine. Une arme trop fréquemment utilisée finit par susciter les défenses destinées à en anihiler l’efficacité.

LA REDISTRIBUTION DES CENTRES DE PUISSANCE

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la position relative des États-Unis dans l’économie mondiale s’est progressivement réduite. Cette évolution ne signifie pas nécessairement un déclin absolu : l’économie américaine demeure l’une des plus innovantes, productives et influentes au monde.

Elle traduit néanmoins l’essor d’autres centres de puissance, au premier rang desquels la Chine, mais également l’Inde, les économies du Golfe et plusieurs pays émergents.

La transformation est particulièrement visible dans certains secteurs stratégiques. Une part essentielle des semi-conducteurs les plus avancés est produite à Taïwan, tandis que la Chine occupe une position dominante dans l’extraction, la transformation ou la commercialisation de nombreuses terres rares et de composants indispensables aux technologies modernes.

Ces interdépendances limitent la liberté d’action de Washington. Les États-Unis peuvent chercher à frapper les revenus pétroliers de l’Iran en sanctionnant ses acheteurs, mais une telle stratégie se heurte au rôle central de la Chine dans le commerce énergétique iranien.

Pékin dispose, de son côté, de moyens de rétorsion dans les minerais critiques, l’industrie manufacturière et certaines chaînes de valeur technologiques.

L’économie mondiale contemporaine ne repose donc plus sur une hiérarchie simple. Elle fonctionne comme un système d’interdépendances croisées dans lequel chaque grande puissance contrôle certains leviers, mais demeure vulnérable dans d’autres domaines.

LE DETROIT D’ORMUZ

LA FRAGILITE DE L’ECONOMIE MONDIALE

La crise du détroit d’Ormuz illustre cette nouvelle géographie de la puissance. Dans cet espace stratégique, la supériorité militaire ne garantit ni le contrôle politique ni la sécurité des approvisionnements. Une confrontation prolongée perturbe les marchés énergétiques, renchérit les transports, désorganise les chaînes logistiques et affecte des économies très éloignées du théâtre des opérations.

La guerre économique annoncée par Washington pourrait ainsi conduire à une impasse comparable à l’affrontement stratégique observé dans le détroit. Les États-Unis disposent des moyens d’imposer des coûts élevés à l’Iran et à ses partenaires, mais ils ne peuvent empêcher ces derniers de riposter, de réorienter leurs échanges ou d’exploiter les vulnérabilités de l’économie occidentale.

Une politique de sanctions secondaires généralisées accentuera les tensions avec la Chine, mais aussi avec l’Inde, certains pays du Golfe et plusieurs économies du Sud global. Elle provoquera une hausse des prix de l’énergie et de l’inflation, dont les conséquences se feront sentir jusque dans l’économie américaine.

La question n’est donc plus seulement de savoir si Washington est capable d’infliger des dommages, mais s’il peut le faire sans subir lui-même des coûts politiques et économiques disproportionnés.

BAB EL-MANDEB

LE SECOND VERROU DE LA FRAGMENTATION MONDIALE

À la crise d’Ormuz s’ajoute désormais celle de Bab el-Mandeb, qui en constitue moins un prolongement qu’un inquiétant effet multiplicateur.

L’avancée des forces houthies sur le littoral yéménite et leur prise de positions stratégiques à proximité immédiate du détroit, notamment l’île de Périm, leur donnent la capacité de menacer l’accès méridional à la mer Rouge, par lequel transitent près de 12 % du commerce mondial et environ 7 % des flux pétroliers.

La concomitance des tensions à Ormuz et à Bab el-Mandeb produit ainsi un véritable effet de tenaille : lorsque la sortie orientale du Golfe est compromise, les voies de délestage vers les ports saoudiens de la mer Rouge deviennent elles-mêmes vulnérables, tandis que le contournement de l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance allonge les délais, renchérit le fret et fragilise davantage les économies africaines dépendantes des importations.

Cette double crise révèle surtout une transformation majeure du rapport de puissance : les États-Unis, autrefois garants incontestés de la liberté de navigation, ne sont plus capables d’assurer simultanément la sécurité de ces deux passages stratégiques sans s’exposer à une extension incontrôlable du conflit.

En dispersant leurs moyens et en militarisant les échanges internationaux, les choix de l’administration Trump offrent paradoxalement à l’Iran et à ses alliés une capacité d’influence disproportionnée.

Bab el-Mandeb devient ainsi l’un des symboles les plus significatifs du monde post-américain : un ordre fragmenté dans lequel des puissances régionales et même des acteurs non étatiques peuvent contester les biens communs mondiaux, imposer leurs propres conditions à la circulation maritime et démontrer les limites nouvelles de la prééminence américaine.

L’AUTONOMIE STRATEGIQUE DES ALLIES

Les réactions du Canada et d’autres partenaires occidentaux témoignent d’une volonté croissante d’autonomie stratégique. Face aux pressions exercées par l’administration américaine, ces États cherchent à protéger leur souveraineté économique, à diversifier leurs débouchés et à réduire leur dépendance envers un partenaire devenu moins prévisible.

Cette évolution ne signifie pas nécessairement la rupture des alliances traditionnelles.

Elle marque le passage d’une logique d’alignement à une logique de coopération sélective. Les États continueront de collaborer avec les États-Unis lorsque leurs intérêts convergeront, mais ils ne sont pas disposés à soutenir automatiquement des politiques qu’ils jugent risquées, unilatérales, illogiques, ou insuffisamment préparées.

Le phénomène dépasse d’ailleurs le seul monde occidental. De nombreuses puissances moyennes développent aujourd’hui des diplomaties multidirectionnelles.

Elles entretiennent simultanément des relations avec Washington, Pékin, Bruxelles, Moscou, les monarchies du Golfe et les grandes organisations régionales.

Cette stratégie leur permet d’accroître leur marge de manœuvre et d’éviter une dépendance excessive à l’égard d’un centre unique de pouvoir.

DU LEADERSHIP PAR L’EXEMPLE AU POUVOIR PAR LA CONTRAINTE

La puissance américaine a longtemps reposé sur une combinaison particulièrement efficace de capacités militaires, de prospérité économique, d’innovation technologique et d’attractivité politique.

Les États-Unis ne représentaient pas seulement une force dominante : ils incarnaient, malgré leurs contradictions, un modèle de mobilité sociale, de démocratie constitutionnelle et d’opportunités individuelles.

C’est cette dimension du leadership américain qui est aujourd’hui la plus fragilisée. Les inégalités extrêmes, la pauvreté à grande échelle, la polarisation politique, l’affaiblissement des normes institutionnelles, la disparition de l’éthique comportementale, la corruption à haut niveau et les conflits d’intérêts réduisent à néant l’image internationale du pays.

Or, le soft power repose sur un désir d’imitation.

Lorsqu’un système politique n’inspire plus confiance ou admiration, il devient plus difficile pour lui d’obtenir l’adhésion sans recourir à la pression. Or, plus la contrainte remplace l’attraction, plus les partenaires cherchent à s’émanciper.

La crise actuelle accélère ainsi un cercle vicieux : l’affaiblissement de la crédibilité conduit à un usage accru de la coercition; la coercition alimente les résistances; ces résistances réduisent encore davantage l’influence et l’autorité morale des États-Unis et stimulent une plus grande coercition…

L’APPARITION D’UN ORDRE POST-AMERICAIN

OPPORTUNITE OU NOUVEAU RISQUE ?

L’émergence d’un ordre post-américain ne garantit pas, par elle-même, davantage de paix ou de prospérité. Un monde multipolaire peut offrir une représentation plus équilibrée des intérêts et limiter les excès de l’hégémonie.

Il peut cependant devenir plus instable si aucune règle commune ne vient encadrer la compétition entre les puissances.

L’enjeu principal n’est donc pas de remplacer une domination américaine par une autre domination. Il consiste à construire un système dans lequel la coopération, le droit international et le respect de la souveraineté l’emportent sur la menace, l’unilatéralisme et la politique du fait accompli.

Les puissances émergentes ont, à cet égard, une responsabilité particulière. Elles ne pourront durablement contester l’ordre existant qu’en proposant des institutions plus représentatives, des mécanismes efficaces de résolution des conflits et des formes de coopération capables de produire des biens publics mondiaux.

LES BRICS

ARCHITECTURE POLITIQUE DU MONDE POST-AMERICAIN ?

L’essor des BRICS constitue sans doute l’expression institutionnelle la plus visible de l’avènement d’un ordre post-américain. Leur importance ne réside pas dans l’existence d’une alliance homogène — leurs membres conservent des intérêts, des régimes et des orientations stratégiques parfois profondément divergents — mais dans leur capacité croissante à fédérer les États qui refusent que les règles internationales continuent d’être définies exclusivement par Washington et ses alliés.

Leur élargissement, leur poids démographique, économique, énergétique et territorial, ainsi que l’influence de la Chine et de l’Inde, leur permettent désormais de porter les revendications d’un Sud global insuffisamment représenté au Conseil de sécurité, au FMI et à la Banque mondiale.

À travers la Nouvelle Banque de développement, créée pour financer les infrastructures et le développement durable des économies émergentes, ils commencent également à construire des instruments distincts de ceux issus de Bretton Woods.

Leur volonté de développer les échanges en monnaies nationales ne signifie pas la disparition prochaine du dollar, mais elle traduit une stratégie progressive de réduction de la dépendance envers la monnaie américaine et, surtout, envers le pouvoir de sanction dont elle constitue le principal vecteur.

L’avenir des BRICS dépendra toutefois de leur aptitude à dépasser le simple front du refus, à contenir les rivalités entre Pékin et New Delhi et à transformer leur puissance quantitative en politiques communes.

S’ils y parviennent, ils ne remplaceront probablement pas l’hégémonie américaine par une nouvelle hégémonie unique : ils deviendront plutôt le centre de gravité d’un système multipolaire, plus fragmenté, plus transactionnel, dans lequel les États-Unis demeureront une très grande puissance, mais ne disposeront plus ni du monopole de l’initiative ni de la capacité d’imposer seuls les normes, les sanctions et les priorités de l’ordre mondial.

LA RUSSIE

L’ISOLEMENT ET LA CONSTRUCTION D’UN AUTRE ORDRE

La Russie occupe, au sein des BRICS, une position singulière. Membre fondateur, puissance nucléaire, énergétique et diplomatique disposant d’un siège permanent au Conseil de sécurité, elle leur apporte une dimension stratégique qui dépasse largement la seule coopération économique.

Depuis la rupture provoquée par la guerre en Ukraine et l’accumulation des sanctions occidentales, Moscou considère les BRICS comme un moyen de démontrer que son isolement demeure essentiellement occidental, et non mondial.

Elle cherche à y consolider ses relations avec la Chine, l’Inde, l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Amérique latine, tout en encourageant la diversification des circuits commerciaux, financiers et monétaires afin de réduire leur vulnérabilité aux décisions de Washington.

Le Kremlin affirme ne pas rechercher une disparition brutale du dollar, mais plutôt la liberté de recourir à différents moyens de paiement et de soustraire les monnaies nationales à leur utilisation comme instruments de pression politique.

La Russie est ainsi l’un des principaux moteurs politiques de la transformation des BRICS en plateforme de contestation de l’ordre occidental. Sa faiblesse économique relative, sa dépendance accrue envers la Chine et les controverses provoquées par sa politique extérieure limitent néanmoins sa capacité à en assumer seule la direction.

Son avenir au sein du groupe est moins celui d’une puissance dominante que celui d’un catalyseur : celui d’un État qui, en contestant frontalement la prééminence américaine, accélère la recherche collective d’un ordre multipolaire dans lequel l’Occident ne pourrait plus décider seul de la légitimité des gouvernements, de l’accès aux marchés ou de l’application des sanctions.

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