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LE SAHARA EST, A ÉTÉ ET SERA MAROCAIN
UNE CONTRIBUTION
DE LA WDA WORLD DIPLOMATIC ACADEMY ET DU FORUM DE CRANS MONTANA
SOUTIEN DOCUMENTAIRE DE AI
LE RAINBOW WARRIOR DE LA « RASD »
SABORDAGE ET NAUFRAGE
L’adoption par le Congrès espagnol, le 10 septembre 2026, d’une loi facilitant l’accès à la nationalité espagnole pour les Sahraouis est le résultat d’un lobbying intense des futurs bénéficiaires auprès des autorités espagnoles. Ce texte bénéficiera aux personnes nées au Sahara avant 1977 ainsi qu’à leurs descendants.
Mais cette heureuse initiative produira un effet totalement inverse à celui recherché : loin de consolider la cause séparatiste, elle en précipite la fin et la disparition humaine et politique.
UN PASSEPORT N’EST PAS UNE MARCHANDISE
On ne saurait soupçonner les Sahraouis qui demanderont la nationalité espagnole de le faire dans le seul souci égoïste de disposer d’un passeport de confort, leur permettant de voyager en Europe sans visa, de circuler dans l’espace Schengen ou de bénéficier plus facilement de certains avantages matériels dont le RSA en France
Une telle interprétation serait profondément réductrice. Elle constituerait même une forme d’insulte leur égard comme à l’égard de l’Espagne, à sa souveraineté et à la valeur de sa citoyenneté.
Le passeport espagnol n’est pas un simple document de voyage. Il exprime l’appartenance à une nation. Devenir espagnol, c’est adhérer à une communauté nationale, à une histoire, à des institutions, à une civilisation, à un système juridique et à un ensemble de droits, de valeurs et de responsabilités. C’est accepter la protection de l’État espagnol, mais également les devoirs attachés à cette appartenance. C’est enfin inscrire son propre avenir et celui de ses enfants dans le destin collectif de l’Espagne et, plus largement, dans l’espace européen.
Il faut donc prendre au sérieux le choix de ceux qui demanderont cette nationalité. On ne saurait affirmer, selon les circonstances, que le passeport espagnol constitue une appartenance nationale pleine et entière lorsqu’il procure des droits, puis prétendre qu’il ne serait plus qu’une simple facilité administrative lorsqu’il faut en assumer les conséquences politiques.
L’ADHÉSION À UNE NOUVELLE COMMUNAUTÉ NATIONALE
Juridiquement, l’acquisition d’une autre nationalité ne fait pas automatiquement disparaître une identité culturelle, une opinion politique ou un attachement familial.
Mais la question sahraouie ne relève pas uniquement du droit individuel. Elle est censée reposer sur une revendication politique collective : celle selon laquelle les Sahraouis formeraient une communauté nationale distincte, ne pouvant trouver son accomplissement que dans la création d’un État séparé du Maroc.
DÈS LORS, UNE CONTRADICTION FONDAMENTALE APPARAÎT
Comment peut-on soutenir qu’une nationalité sahraouie indépendante constituerait une nécessité absolue tout en choisissant volontairement de devenir citoyen espagnol ?
Comment réclamer la création d’une nouvelle patrie au Sahara tout en adhérant pleinement à une autre communauté nationale et en établissant son avenir en Espagne ou ailleurs en Europe ?
Dès lors qu’une personne choisit librement le passeport espagnol, non comme un simple instrument de déplacement ou par intérêt financier, mais comme l’expression d’une appartenance véritable, elle rejoint un autre ensemble national.
Elle ne perd pas le droit d’avoir une opinion sur le Sahara, mais elle ne peut plus revendiquer avec la moindre légitimité politique qu’un État séparé serait son unique patrie.
Dans la logique même du discours séparatiste, cette adhésion à la nation espagnole supprime la légitimité à exiger qu’un territoire marocain soit détaché pour créer un nouvel État que l’on ne choisit finalement ni pour y vivre ni pour y construire son avenir.
LE POLISARIO FACE À L’INEXISTENCE DE SA BASE HUMAINE
La vraie conséquence concerne inévitablement le Front Polisario. Depuis des décennies, celui-ci prétend détenir le monopole de la représentation des Sahraouis, alors même que la partie essentielle de cette population vit dans les provinces du Sud, participe aux institutions marocaines et contribue avec enthousiasme à leur développement.
Si quelques milliers de Sahraouis obtiennent demain la nationalité espagnole et choisissent de s’installer en Europe, le Polisario aura perdu le peu de ce qui lui reste de sa base humaine qui n’est plus du tout constituée, et depuis longtemps, de réfugiés !
En effet, à Tindouf, la réalité humaine n’est plus celle des déplacements survenus il y a plus de cinquante ans. Pratiquement tous ceux qui choisirent de quitter leur foyer à l’époque ont aujourd’hui disparu.
La quasi-totalité de la population actuelle est née dans ces camps et n’a personnellement jamais connu l’exil. Elle peut conserver peut-être un statut de réfugié au sens juridique, mais elle n’est composée que de descendants de réfugiés maintenus là de manière totalement artificielle. On en arrive à la troisième génération !
Cette situation interroge d’ailleurs la perpétuation factice, génération après génération, d’un provisoire devenu permanent. Les autorités algériennes et le Polisario entretiennent cet enfermement afin de préserver une population au nom de laquelle la RASD prétend parler.
Sans les camps de Tindouf, et tous ces malheureux, maintenus dans une véritable détention, cette entité perdrait toute prétention de représentativité et de légitimité.
Le mouvement séparatiste devra alors répondre à une question décisive: au nom de combien de citoyens espagnols continuera-t-il à revendiquer le Sahara si ceux qu’il prétend représenter ont choisi une autre nationalité, et vivent en Europe, inscrivant leurs enfants dans une autre communauté de destin ? Revendiquera-t-il la protection diplomatique de l’Espagne ?
Une revendication territoriale principalement portée par des citoyens européens installés en Europe n’aura plus aucune crédibilité internationale.
L’ESPAGNE FACE À SES PROPRES RESPONSABILITÉS
L’Espagne doit également mesurer la portée de son initiative. Accorder sa nationalité n’est pas distribuer des laissez-passer ou des bonbons
C’est reconnaître des citoyens espagnols à part entière, loyaux sujets dûment intégrés et assumer leur avenir.
Madrid ne peut pas, d’un côté, intégrer ces personnes à la communauté nationale espagnole et, de l’autre, continuer à les présenter comme les membres d’un peuple dont l’unique avenir devrait être la création d’un nouvel État au Maghreb.
Si l’Espagne leur offre une appartenance nationale complète, elle doit en assumer les conséquences politiques, sociales et diplomatiques au risque de graves frictions internationales.
D’un autre côté, l’ancienne puissance administrante du Sahara ne saurait réparer son passé en entretenant indéfiniment un conflit sur le territoire d’un pays voisin.
Elle ne peut pas davantage transformer sa nationalité en instrument d’ingérence tout en refusant de reconnaître que les nouveaux citoyens espagnols auront choisi l’Espagne comme simple commodité personnelle.
On ne peut pas considérer la nationalité espagnole comme une appartenance véritable lorsqu’elle ouvre des droits, puis comme une simple commodité lorsqu’il s’agit de continuer à revendiquer la séparation du Sahara marocain.
Un passeport engage. Une nationalité crée un lien. Elle signifie l’adhésion à une nation, à une civilisation et à une communauté de destin.
Ceux qui choisiront librement de devenir espagnols, auront choisi une nouvelle patrie juridique et politique. Ils pourront conserver un certain attachement au Sahara et exprimer leurs opinions ; ils ne pourront toutefois plus prétendre, avec la moindre légitimité, parler au nom de ceux qui y vivent ni exiger la création d’un État séparé qu’ils auront eux-mêmes renoncé à construire.
