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LE PEUPLE SAHRAOUI
L’APPELLATION « PEUPLE SAHRAOUI » NE PEUT PLUS ETRE CONFISQUEE
LE TEMPS EST VENU D’ECOUTER CEUX QUI VIVENT AU SAHARA !
Pendant près d’un demi-siècle, le dossier du Sahara a été analysé à travers un prisme progressivement déconnecté des réalités humaines. Le Front Polisario, proxy de l’Algérie, s’est imposé sur la scène internationale comme l’interlocuteur quasi exclusif lorsqu’il était question du peuple sahraoui. Cette situation, héritée de la guerre froide et de circonstances géopolitiques aujourd’hui profondément transformées, n’a désormais plus aucun sens.
Une question fondamentale s’impose : qui représente aujourd’hui le peuple sahraoui vivant réellement sur son territoire, c’est-à-dire dans les provinces du sud marocain ?
Depuis cinquante ans, les camps de Tindouf, situés en territoire algérien, sont présentés faussement comme l’expression politique et humaine de la cause sahraouie.
Or, un demi-siècle s’est écoulé. Les premiers réfugiés ont, pour beaucoup, disparu. Deux, voire trois générations sont nées qui n’ont plus rien à voir avec la notion de « réfugié », maintenues arbitrairement dans ces camps, dans le dénuement, sans perspective durable de réinstallation, d’intégration ou de libre choix de leur avenir.
Cette situation constitue l’une des plus longues crises humanitaires figées de l’histoire contemporaine. Elle soulève une interrogation majeure sur la responsabilité politique de l’Algérie qui a entretenu cet immobilisme.
L’Algérie, État doté de ressources énergétiques considérables et de capacités financières importantes, aurait pu facilement, au fil des décennies, proposer une véritable intégration à ces populations de Tindouf : accès à la citoyenneté, à l’éducation, au marché du travail, à la liberté de circulation et à une existence normale.
Au lieu de cela, les camps, véritables réserves à l’américaine, sont demeurés le symbole d’un conflit gelé dont les premiers otages restent leurs habitants eux-mêmes. Ils sont par contre la seule source de légitimité d’un mouvement qui a même réussi, grâce à eux, à se faire admettre à l’Union Africaine.
Mais une autre réalité s’est imposée. Dans les provinces Sahraoui qui constituent le sud du royaume vivent aujourd’hui la quasi totalité des populations sahraouies. Elles participent à la vie économique, sociale, culturelle et politique de leur région. Ces territoires connaissent depuis plusieurs années un niveau d’investissements publics sans précédent: infrastructures portuaires, réseaux routiers, énergies renouvelables, équipements universitaires, sanitaires, développement des services publics et politiques de modernisation.
Nul ne peut sérieusement nier que cette population existe, qu’elle rayonne, qu’elle se développe et construit son avenir sur place dans le cadre d’une adhésion sans réserve au Trône chérifien.
C’est précisément cette évolution qui explique l’apparition de nouvelles voix sahraouies, parmi lesquelles le MSP, mouvement qui veut représenter les Sahraouis vivant dans les provinces du Sud et qui défend une approche pragmatique, tournée vers le développement, la stabilité et une solution politique réaliste. L’émergence de ce mouvement constitue un tournant.
Pour la première fois depuis des décennies, des Sahraouis vivant effectivement sur leur territoire demandent à être entendus directement par la communauté internationale, sans que leur parole soit systématiquement filtrée ou monopolisée par une organisation de rencontre, née dans un contexte historique qui interpelle.
Il n’est plus conforme à la réalité de considérer qu’une seule organisation, déconsidérée à de nombreux niveaux, puisse prétendre parler au nom du peuple sahraoui alors que celui-ci est aujourd’hui multiple, réparti entre différentes situations géographiques et animé par des aspirations diverses.
Le MSP ne demande pas d’effacer l’histoire. Il demande simplement que la communauté internationale reconnaisse une évidence : le peuple sahraoui ce n’est pas les camps de Tindouf ! Il vit d’abord dans les provinces du Sud, où il travaille, entreprend, vote, étudie, élève ses enfants et participe à la transformation de sa région.
Le véritable enjeu n’est donc plus de préserver des représentations héritées d’un conflit vieux de cinquante ans. Il consiste à reconnaître que les Sahraouis vivant aujourd’hui sur leur terre doivent disposent d’une voix propre dans les enceintes internationales.
Aucune paix durable ne pourra être construite si l’on continue à confondre représentation historique et représentation réelle.
Le temps est venu d’écouter ceux qui construisent leur avenir sur le terrain. Le peuple sahraoui ne peut plus être défini par un passé conflictuel; il doit désormais être entendu à travers les vraies composantes de sa société.
À cet égard, l’émergence du MSP traduit une évolution politique qu’il serait difficile d’ignorer. Pour les Nations Unies comme pour l’ensemble de la communauté internationale, le reconnaître représente un retour au principe fondamental selon lequel aucune population ne peut être entendue sans être légitimement représentée.
